Sage-femme un jour, femme sage toujours

Avant ma Terminale, je ne savais pas trop quoi faire comme métier. J’hésitais entre infirmière ou médecin. C’est maman qui m’a soufflé : « Et Sage-femme ? » Et là, je l’avoue, ça a fait « tilt », un peu comme un déclic. Alors j’ai travaillé à fond le programme de biologie du bac D (j’étais en terminale C, avec davantage de mathématiques et de physique), et j’ai eu le concours. Heureusement ! Car je n’imaginais pas faire autre chose.

Alors, à 18 ans j’ai intégré l’Ecole de Sages-femmes d’Angers. Et depuis j’ai été passionnée par cet accueil de la vie. Toutes ces rencontres avec les femmes, les hommes, les familles au moment de la naissance d’un enfant est d’une richesse incroyable.

Pourtant, en 25 ans de pratique, le métier de sage-femme a considérablement évolué faisant de nous des techniciennes de la naissance, techniciennes de la femme, au service d’une médecine de plus en plus déshumanisée. A l’époque des protocoles généralisés, on peut se demander où est la place de l’intuition, de la relation, du sur-mesure ?

Plusieurs fois dans ma vie, j’ai fait des remises en question, plus par rapport à la manière d’exercer qu’au métier lui-même. Il y a eu notamment cette coopération en Thaïlande. Je n’ai pas mis les pieds dans une maternité, ni même accompagné de femme enceinte. J’étais juste là, présente aux personnes d’un bidonville, avec d’autres coopérantes. Ne rien faire, ne rien dire. Juste, être là, dans une présence amicale, bienveillante, parce que la dignité humaine passe par l’amitié. Par cette expérience, j’ai pu approfondir mes qualités d’accueil et d’écoute. C’est dans ce climat que la thérapie aura davantage d’efficacité.

Et puis, j’ai aussi exploré diverses facettes du métier, en clinique, en libéral. J’ai pu me former en auriculothérapie, en chant prénatal, en différentes techniques diverses. En hypnose éricksonienne.

C’est ainsi qu’il y a deux ans, je quittais l’institution pour exercer uniquement comme praticienne en hypnose éricksonienne, avec un regard spécifique sur la périnatalité et la famille.

Et pourtant, si je n’exerce plus le métier de sage-femme, je garde mon cœur de sage-femme. Car la sage-femme n’est-elle pas celle qui met au monde ? Ou plutôt, celle qui est là pour favoriser une naissance paisible, sereine, pour encourager, réconforter, rassurer. Pour permettre à celle qui accouche de se révéler, de se dépasser. C’est ce que je fais désormais plus symboliquement dans ma pratique d’hypnothérapeute, hors des protocoles et des sentiers battus, forte de toute cette expérience de plus d’un quart de vie, pour accompagner ceux et celles qui veulent mettre au monde un projet, un changement… C’est pour moi ma mission de vie !

Que de (re)naissances on peut accompagner par cet outil de l’hypnose, qui permet de rejoindre l’autre là où il est, avec son univers, ses richesses, ses goûts pour l’aider à avancer selon ses souhaits !

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